Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334338

On a toujours ignoré l'existence de l'Afrique Orientale dans les bilans de l'art africain. Cette désinvolture a même été jusqu'à nier l'existence de toute production artistique dans ces régions. Une telle attitude est, bien sûr, par trop simpliste. Quoique limitée, la production artistique de la Somalie comprend de belles gravures sur bois d'une qualité remarquable–des vases sculptées, des peignes à cheveux minutieusement travaillés et surtout de magnifiques cuillères, appelées fandar. Certains spécialistes ont même suggéré que leur décoration trop richement ornée n'en faisait pas des objets d'usage quotidien. Les meilleurs exemplaires du fandar proviennent du Nord. De ce fait il nous est difficile d'en deviner les origines–le bon sens voudrait que ces instruments aient subi l'influence des anciennes villes, colonies de l'Asie, plus au sud sur la côte de l'Océan Indien. Il semble, cependant, que les meilleurs styles proviennent non du Sud mais du Nord-Ouest–non des Swahili mais des Ethiopiens. Les artisans sont anonymes. Il n'empêche néanmoins que leurs oeuvres marquent une tradition bien connue et bien établie dans la région–une tradition d'invention et de goût qui mériterait d'être reconnue à sa juste valeur dans l'ensemble de l'art traditionnel africain.

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