Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334342

Abstract

Les ethnologues et les spécialistes de l'Art de l'Afrique connaissent bien les figures dites “Ossyeba” de l'Afrique Equatoriale Française. On supposait–erronément–qu'elles provenaient de l'endroit du fleuve Ogouué où l'on en avait trouvé, vers 1875, les premiers exemplaires (transportés aussitôt dans les musées de Berlin et de Paris). Cependant, les habitants de cette région n'ont aucune tradition sculpturale de ce genre et nous sommes obligés d'orienter ailleurs notre recherche sur leurs origines. Ainsi, aux fins de corriger cette anomalie historique, Léon Siroto a-t-il entrepris une étude dans la région des tributaires orientaux de l'Ivindo et notamment chez les Shaké et les BuSamaï–étude rendue d'autant plus difficile par l'habitude qu'avaient les missionnaires et les partisans des nouveaux cultes indigènes de faire detruire ces figurines. Symbole d'un culte “protecteur” du bwiiti, elles jouaient un rôle important dans les rites d'unité villageoise et étaient invoquées dans les moments de crise. Le cuivre jaune utilisé pour couvrir ces figurines était peut-être le signe de la richesse de son possesseur car il constituait une matière d'importation, obtenue exclusivement par le commerce avec les Européens. Quant à leurs formes–on peut se demander si elles n'ont pas été créées par le souci même d'exposer ce nouveau matériau de décoration de la meilleure manière possible. Ce serait faire une importante contribution à une interprétation satisfaisante de l'histoire de l'art dans cette partie de l'Afrique que d'identifier avec précision la provenance des figures “Ossyéba.”