Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334345

Abstract

Au Mali le rapport qui existe entre la musique et la politique est très intime. Ce phénomène est dû, en partie, au rôle essentiel qu'a toujours joué la musique dans les sociétés africaines. Mais ce qu'il faut souligner c'est que la musique est au service de l'Etat moderne du Mali: l'affirmation, par la musique, de l'héritage du passé héroïque de l'ancien empire du Mali peut fonder et étayer la fierté nationale tellement nécessaire è un nouvel état. Les griots sont les membres héréditaires d'une caste de musiciens qui ont traditionnellement joué le rôle d'intermédiaire entre les dirigeants et leurs sujets–entre les souhaits des uns et les requêtes des autres. Dans le Mali d'aujourd'hui leur rôle n'a que peu changé. Qu'elles soient traditionnelles ou non, leurs chansons s'adressent encore au peuple aujourd'hui–soit par l'association des actes héroïques du présent avec la grandeur du passé, soit par la création de chansons complètement neuves pour commémorer un événement récent. Celle écrite è l'éloge du Président Keita lorsqu'il est revenu dernièrement d'un congrès en est un exemple. Le musicien du Mali ne se contente pas d'amuser un public de spectateurs. Bien au contraire, il a une vraie fonction dans la vie politique de cet Etat.