Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334298

Abstract

La danse masquée Bédou du peuple Nafana a lieu chaque année. Cette tradition qui autrefois s'étendait sur une partie du Ghana se limite aujourd'hui aux régions adjacentes de la Côte d'Ivoire. Les cérémonies sont célébrées pendant le mois de la pleine lune – appelée par les Nafana la lune du Bédou – époque qui correspond au mois du Ramadan du calendrier musulman. Les danses sont éxécutées autour de deux immenses masques, l'un mâle, l'autre femelle, au son de la voix des 250 chanteurs de la communauté. Les mouvements complexes des danseurs sont d'autant plus remarquables que les dimensions et le poids des masques sont loin d'être négligeables. Au cours de ce mois, ces masques, qui ne doivent pas voir la lumière du jour, car cela ferait fuir les esprits qui y demeurent, rendent visite, un à un, à toutes les familles du village bénissant et purifiant chaque maison et ses habitants. La danse du Bédou est donc une cérémonie de participation villageoise. Pendant les autres mois de l'année les masques, places sur des poutres dans une salle spéciale, sont gardés par deux personnes chargées de cette fonction héréditaire.