Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334259

Abstract

Addis Ababa est une ville pleine de contrastes; ne nous étonnons pas sur un boulevard à six voies d'avoir à céder le passage à deux vaches. Grand centre international, c'est aussi une ville africaine traditionnelle avec son immense marché; on peut tout y acheter; il n'attend que le romancier qui saura en exprimer la dimension épique. Le Musée du Centre d'Etudes Ethiopiennes y achète des objets d'art de l'Ethiopie traditionnelle. Il y a dix ans les manuscrits du XIVe siècle ne valaient pas plus chers que des romans feuilletons! Bien sûr, la littérature éthiopienne écrite en Amharique a une audience internationale limitée; pourtant de nombreux auteurs écrivent pièces et poèmes pour la radio et les théâtres de la ville. Comme ailleurs en Afrique se pose le problème d'une critique avertie et responsable. L'absence de maisons d'éditions caractérise la situation culturelle en Ethiopie; elle explique le nombre d'oeuvres impubliées. La censure est aussi responsable de cette situation; et pourtant comment l'exercer sur une littérature dont un des procédés essentiels est le “double entendre”.