Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334382

Abstract

Marocain, vivant à Paris, très solitaire, Mohammed Khair-Eddine occupe une place à part parmi les écrivains africains. Pour lui l'architecture et l'expression d'un récit ne sont pas une “forme”, moule dans lequel on coule, métal surchauffé, un “fond” préconçu, mais le but même de la création. Dans Agadir qu'il intitule “roman” il a raconté l'histoire de la ville détruite par un tremblement de terre et d'un fonctionnaire envoyé pour faire le rapport, coupée de poèmes, de plongées dans le passé du personnage, de descriptions à travers lesquelles nous apparaît le drame du s?isme, le désespoir des habitants devant la destruction totale, l'oeuvre révélait une architecture complexe. Le nouveau livre de Khair-Eddine, qui vient de paraître aux Editions du Seuil, se compose de deux récits, Corps Négatifs et Histoire d'un Bon Dieu, qui se rapprochent plus encore des recherches du “nouveau roman”: personnages, intrigue ne sont considérés que comme des éléments de l'écriture et de la construction. Cependant le thème, les porte-paroles, l'atmosphère, les images – tout demeure profondément marocain et tente de retrouver et de rendre en français les modes d'expression d'un Africain situé à la jonction de deux cultures. Nous sommes heureux de publier des poèmes de jeunesse inédits que l'auteur a bien voulu – après quelques réticences – nous confier au moment où son deuxième roman reçoit un accueil chaleureux. Au moment de mettre sous presse nous apprenons la re-publication de “Nausée Noire” aux Editions de Seuil dans un recueil intitulé Soleil Arachnide.