Available on JSTOR at: doi.org/10.2307/3334543

Abstract

La littérature rundi est restée une littérature orale jusqu'à une époque récente. Elle ne connut ses premiers écrits qu'après l'évangélisation du pays et l'administration coloniale. Même aujourd'hui l'essentiel de notre littérature n'a pas encore été consigné par écrit. Cet ensemble culturel comprend différents genres souvent d'une valeur et d'une richesse inégales: les contes, les récits et les légendes; les fables; les proverbes; la poésie guerrière, pastorale et cynégétique; les églogues et les cantilènes pastorales; les berceuses; les rondes populaires; les chansonnettes et les devinettes. Dans cet ensemble littéraire, seules les berceuses retiendront notre attention. Elles s'oublient de plus en plus: cette publication vise à sauvegarder ce patrimoine culturel qui s'effritte dans la mentalité de la jeunesse actuelle. D'habitude les berceuses sont des poèmes plus ou moins longs, rythmés et lyriques qu'on chante pour faire s'endormir un enfant plaqué au dos de sa mère ou d'une parente ou pour le faire taire quand il pleure. La revue Que Vous en Semble et le tome XII du patrimoine culturel rundi ont déjà publié quelques berceuses kirundi. Notre but a été de recueillir la totalité des berceuses du Burundi. Certaines sont spécifiques à l'une ou l'autre région. Mais en général, elles sont identiques dans toutes les provinces, exception faite de quelques vocables particuliers. Les thèmes abordés se ressemblent et reviennent souvent dans chaque berceuse: l'lmana, Etre Suprême pour les Barundi, la famille et l'amour maternel et filial. Les berceuses peignent un tableau riche en images colorées, en métaphores et en allégories embrassant la vie intime, journalière, familiale et publique.